lundi 14 février 2011
Un coeur n'est finalement qu'un cul qui a mal tourné
Bon... 14 février... ça fait une semaine, deux même, qu'on nous rappelle qu'il va falloir consommer; c'est vrai quoi, les fêtes trépasées, les soldes terminées, il faut bien maintenir la cadence, alors on nous la joue grands sentiments et coeur qui bat. Et ça va marcher. Oh, mais oui, bien sûr, ça peut-être drôle, pour qui sait y faire; moi j'ai jamais su, cela doit être pour cela que...; mais cela ressemble quand même fort à un forçage de main, non?
Je croyais être à l'abri, chez moi, dans mon propre chez moi... mais non... A quoi j'assiste ce matin...? Ugo, dix ans, qui se va et vient, papotant tout seul, comme souvent, Oùskejlaimis? Mais oùskejlaimis...? Ca lui revient et il va chercher une petite boîte, avec un bel emballage... C'est quoi? Un cadeau de Saint-Valentin pour Margaux (je ne suis plus très certain du prénom...). Un cadeau de Saint-Valentin... à dix ans... on dira que l'honneur des Bortolini est sauf... mais quand même...
mercredi 9 février 2011
Vers les beaux jours
C'était les beaux jours. Ceux où les enfants font la sieste. Ceux où je les accompagnais. Ce sont parmi les plus beaux souvenirs de ma vie d'homme. M'endormir, en plein après-midi, avec eux. J'ai retrouvé cette photo par hasard. Les souvenirs sont là, mais je ne savais plus qu'il m'en restait une trace. J'aime ce commun abandon.
Hier soir, j'étais dans un tram, je faisais face à deux vieux hommes. Ils avaient la septantaine bien entamée, les rides joyeuses, les yeux pétillants, ils semblaient heureux et se le racontaient. J'ai pensé que j'avais envie d'être comme eux. Depuis hier, je suis impatient d'être plus vieux, très vieux, pour avoir les rides joyeuses, les yeux pétillants et, qui sait, faire la sieste avec mes arrière-petits-enfants.
mardi 8 février 2011
L'autre bout de la rue
On dit que les voyages forment la jeunesse. Celui qui allait conduire Hubert à l’autre bout de la rue serait déterminant. Comme quoi, si l’aventure n’est pas forcément derrière le coin, elle est parfois au bout d’une rue.
Ce matin, Hubert ; surnommé Madame la Comtesse, depuis qu’il a tenu le rôle de Madame de Merteuil dans une libre adaptation des « Liaisons dangereuses » pour classe maternelle, et qui en avait gardé l’apparence faite de sourires et de larmes ; se réveille plus tôt que d’habitude. Depuis bientôt 30 ans, Hubert ouvre les yeux à 7 heures précises. Il se lève. Il passe par la toilette. Il se fait un café. Il se rase. Puis, il se lave. Puis, il sort et rentre 12 heures plus tard, à 20 heures précises.
Cela fait 30 ans que Hubert parcourt les rues de la ville à la recherche d’écharpes perdues. En 30 ans, il en trouvées plus de 5.000... 5.000 écharpes qu’il accroche au plafond des pièces de sa maison, ce qui, peu à peu, a transformé celle-ci en une vaste jungle faite de chutes de laine, de coton, de lin, d’acrylique, de satin,...
Rien pourtant ne prédestinait Hubert à devenir ce phénomène, dont personne ne soupçonne l’activité quotidienne. Simplement, un matin, à 7 heures précises, Hubert s’était réveillé après avoir rêvé de son grand-père, qui avait l’apparence d’une falaise tonitruante et lui ordonnait de retrouver l’écharpe qu’il avait égaré enfant. Hubert avait entrepris sa quête, accrochant haut ses trouvailles comme autant d’offrandes à un Dieu tyrannique et jamais rassasié.
samedi 5 février 2011
Manque de confiance
Je crois que le Roi pourrait faire preuve d'un peu d'imagination. Voilà des mois qu'il nomme, renomme, gomme, dégomme des informateur, conciliateur, clarificateur, ... pour les résultats que l'on sait. Alors que la solution est dans toutes les boîtes aux lettres; et ne me dites pas qu'il ne l'a pas reçue cette petite annonce. Qu'est-ce qu'il attend Albert? Ce Professeur Cheikh m'a l'air d'avoir toutes les qualités requises pour désemberlificoter nos petites chamailleries et autres clochemerleries. Et tout ça en maximum 15 jours... 15 jours, c'est ce que le dernier nommé en date va prendre pour s'informer de ce qu'il se passe... Il ne lit pas les journaux le Dider? Soit, Professeur Cheikh pourrait tout arranger, avec un résultat garanti 100%, et si ça tombe en trois jours et avec facilité de paiement... Vous savez quoi, je crois vraiment qu'on nous cache quelque chose, c'est pas possible autrement...
vendredi 4 février 2011
Scènes de la misogynie ordinaire
Scène 1
Je suis dans les rayons, les mains déjà bien encombrées de livres. Deux gaillards, la cinquantaine doublementonnée sont derrière moi.
Audrey Pulvar a écrit un bouquin?
C'est qui Audrey Pulvar?
Quoi, tu vois pas? C'est la femme d'Arnaud Montebourg, une grande gueule du PS français.
Connais pas...
Faut voir, elle est vraiment canon.
Tu n'achètes pas le bouquin?
Un bouquin de bonne femme... non, quand même...
Scène 2
Ils se sont installés et lisent la carte. Le serveur attend, souriant.
Pour moi, un chocolat chaud. Et moi, un thé.
Je vous apporte ça.
Deux minutes passent, il revient.
Voooilà. Je vais vous demander de régler tout de suite. Oh...! c'est madame qui paie... Monsieur est organisé. Faudra me donner la recette. Une femme qui paie... Et il s'en va, souriant.
jeudi 3 février 2011
Chienchien
J'ai choisi une Orval, la meilleure bière du monde pour certains. Sans doute. Il s'est remis à pleuvoir. Un couple entre. Ils doivent peser 150 ans, ou pas loin. Ils s'installent. A la table d'à côté, une autre de leur génération n'a d'yeux que pour leur chien, un machin gris, trapu, qui tire la langue et a l'air abruti. Un chien quoi. Elle prépare un bout de salami, Il peut? Etrange cette façon de demander si elle peut lui donner quelque chose, de fait, elle se place au niveau du chien et aux ordres de leurs maîtres. C'est elle... mais non, elle grossit... Alors, elle se met à parler à la bête, rit quand elle lui lèche la main, elle mouille certainement, comme mouille une vieille. Le chien pense comme un chien, ses mains sentent la viande et tant qu'on ne le bat pas, il est content. Il me reste un demi cervelas, je le lui jette.
mercredi 2 février 2011
Fantômes
Les fantômes sont revenus. Cela faisait quelques années qu'ils me laissaient tranquille. Et là, depuis quelques jours, ils sont revenus. Au début, on se demande, on hésite, on n'est pas sûr. Et puis, on se rend à l'évidence, ils sont là. Quand ils sont venus, la première fois, il y a longtemps, c'était des mouvements devinés, des objets disparus ou déplacés. Un jour, ça cesse, comme ça a commencé. Depuis quelques jours, ils sont revenus. Ce matin, vers 5 heures, ce fut un claquement de mains à mes oreilles. Malgré leurs allers et venues je ne leur prêtais pas vraiment attention, cela a du les agacer, alors ils sont venus me réveiller. Bon, je ne suis pas dingue, ça n'existe pas les fantômes. Ce ne sont que des matérialisations de mes doutes, de mes angoisses, de mes tracas, mais bon, le résultat est le même, je dors moins, je suis distrait pas des ombres qui vont et viennent. Et je ne sais pas pourquoi. La fois précédente, j'avais décidé que c'était ma soeur qui revenait voir comment j'allais, alors je lui parlais; n'allez rien vous imaginer, d'autres appellent ça prière, méditation ou glandouille, d'habitude, je glandouille; et j'avais fini par comprendre ce qui ne tournait pas rond. Me voilà bien.
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